64) Les chants de Partisans

Sur une mélodie datant de la guerre russo-turque (1877-1878) - dont l'auteur reste inconnu (il pourrait être l'oeuvre du général Tchernikov en 1828), l'écrivain et journaliste Vladimir Guiliarovski (1855-1955), écrivit le texte de la « Marche des tirailleurs sibériens » au début de la première guerre mondiale (1915). Les deux dernières strophes de cette chanson furent écrites et rajoutés durant la guerre civile (1917-1921).



Depuis la taïga, la taïga profonde,
depuis l'Amour, depuis le fleuve,
Silencieux, nuages orageux,
les Sibériens vont au combat.

La silencieuse taïga,
Les a élevée âprement,
Tempête orageuses du Baïkal,
Et neiges de Sibérie.

Ni fatigue, ni effroi,
Combattants le jour, combattants la nuit,
Seule apparaît la grise papakha,
Rabattue sur l'oreille, crânement.

Eh, Sibérie, Sibérie natale,
Pour toi, nous résisterons.
Aux vagues du Rhin et du Danube,
Ton salut, nous transmettrons

Saches, Sibérie, que dans les méchantes années,
En mémoire du glorieux pays,
Tes fils, défendrons
L'honneur d'un peuple immense.

La libre Rus' ressuscitera,
S’enflammant de notre foi
Et, entendrons cette chanson,
Les murailles de l'antique Kremlin.

Traduction: Sarah P. Struve



Le 27 juin 1919, le colonel Anton Vassilievitch Tourkoul (1892-1957) demanda au compositeur Dmitri Pokrass (1899-1978) un nouveau texte comme hymne régimentaire. En 1918 Anton Tourkoul participe à la marche de Iași au Don et rejoint la brigade de volontaires blanches* que forme Mikhaïl Drozdovski (général de division né le 7 octobre 1881 à Kiev et mort le 1er janvier 1919 à Rostov-sur-le-Don) sur le front roumain. Le 29 juin 1919 retentit pour la première fois le « Chant du régiment de Drozdovski » (sur le thème de la mélodie initiale datant de la guerre russo-turque de 1877) lors d'un banquet en l'honneur de l' occupation blanche de la ville d'Kharkov.



En marche depuis la Roumanie
Vint le glorieux régiment Drozdovski,
Au secours du peuple
Accomplir sa lourde tâche.

Malgré les nuits blanches
Et les épreuves endurées,
La longue route n'effraie pas
Les héros endurcis.

Le général Drozdovski hardiment
S'avança avec son régiment,
Tel un héros, sûr
De sauver la patrie !

Il voyait la Sainte Russie
Succomber sous le joug
Et comme cire de bougie
Dépérir de jour en jour.

Il en était sûr : le temps viendra
Et le peuple se ressaisira,
Rejettera le joug barbare
Et avec nous au combat ira !

Les Drozdovstsi s’avançaient d'un pas ferme,
L'ennemi assailli s'enfuit.
Sous le drapeau tricolore de la Russie,
Le régiment flirtait avec la gloire.

Et même si nous rentrions grisonnant
D'un labeur sanglant,
Que sur toi se lève, Russie,
Un soleil nouveau, enfin !

Refrain :
De ces jours, la gloire ne s'éteindra pas.
À jamais, elle retentira.
Officiers aux avant-postes,
À l'assaut des villes !
Officiers aux avant-postes,
À l'assaut des villes !

* La division de Drozdovski (russe : Дроздо́вская диви́зия) est une unité des armées blanches** formée par le colonel Mikhaïl Drozdovski à Iași sur le front roumain en janvier 1918 à partir d'officiers volontaires. Par la suite l'unité fait partie de l'armée des volontaires commandée par le général Dénikine***.
La marche du détachement de Drozdovski de Iași au Don ou marche de Drozdovski du 26 février (11 mars) au 24 avril (7 mai) 1918 est le passage de la Première Brigade de Volontaires Russes sous le commandement du colonel d'état-major M. G. Drozdovski du front Roumain vers le Don pour rejoindre l'armée des volontaires du général L. G. Kornilov et combattre en commun l'ennemi bolchévique.
En marchant en ordre fermé de Roumanie jusqu'à Rostov-sur-le-Don, le détachement prit la ville le 4 mai après des combats féroces avec l'armée rouge. Quittant Rostov, les hommes de Drozdovski aidèrent les cosaques, en rébellion contre le pouvoir bolchévique, à prendre Novotcherkassk. Au soir du 7 mai, les « Drozdovtsy » entrèrent sous l'acclamation des habitants dans Novotcherkassk, portant un point final à la « marche roumaine ».
** Les noms d'Armées blanches, Armée blanche (russe : Бѣлая Армiя/Белая Армия, Belaïa Armia), Mouvement blanc (Бѣлое движенiе/Белое движение, Beloïe dvizhenie) ou, tout simplement Blancs (Бѣлые/Белые, Belye), désignent les armées russes, formées après la révolution d'Octobre 1917, luttant contre le nouveau pouvoir soviétique. Pendant la guerre civile russe elles combattirent l'Armée rouge, de 1917 à 1922. Les historiens soviétiques parlaient de Garde blanche (Бѣлая Гвардiя/Белая Гвардия, Belaïa Gvardia), par opposition aux gardes rouges de la révolution et avec une connotation négative (refusant la qualité d'armée aux blancs). L'Armées blanches est composée d'Armée des volontaires, Armée du nord-ouest, Forces Armées du Sud de la Russie, Armée russe.
*** Anton Ivanovitch Dénikine (en russe : Антон Иванович Деникин), né le 4 décembre 1872 (16 décembre 1872 dans le calendrier grégorien) à Włocławek (Gouvernement de Varsovie, alors dans l’empire russe) et mort le 8 août 1947 à Ann Arbor (États-Unis). Général russe, chef d'état-major dans les armées de la Russie impériale pendant la Première Guerre mondiale, commandant en chef de l'armée des volontaires pendant la guerre civile russe.



La chanson « Makhnovchtchina » parle de l'armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne, qui au temps de la révolution russe a lutté sous la direction de l'anarchiste Nestor Makhno (1889-1934) contre l'armé blanc du Tsar et l'armé rouge de Lenin.



Makhnovtchina, Makhnovtchina,
Tes drapeaux sont noirs dans le vent,
Ils sont noirs de notre peine,
Ils sont rouges de notre sang,
Ils sont noirs de notre peine,
Ils sont rouges de notre sang!

Par les monts et par les plaines.
Dans la neige et dans le vent,
A travers toute l'Ukraine
Se levaient nos partisans,
A travers toute l'Ukraine
Se levaient nos partisans!

Hey! Hey! Hey! Hey! Hey!

Makhnovtchina, Makhnovtchina,
Armée noire de nos partisans.
Qui cembattez en Ukraine
Contre les rouges et les blancs,
Qui combattez en Ukraine
Contre les rouges et les blancs!

Makhnovtchina, Makhnovtchina,
Ceci est mon testament,
Tu voulais chasser d'Ukraine
A jamais tous les tyrans.
Tu voulais chasser d'Ukraine
A jamais tous les tyrans!

Hey! Hey! Hey! Hey! Hey!

Que ce soit l'Armée rouge,
Les flics de Pretoria,
Malgré le sang qui coule,
Rien ne l'arrêtera,
A travers ta toundra
Rien ne l'arrêtera. 
C'est la Makhnovtchina
Rien ne l'arrêtera.
Rien ne l'arretera !



Le « Chant des partisans de l'Amour » dont les paroles furent écrites par Piotr Parfionov en 1920, raconte les combats de l'armée rouge avec les troupes du gouvernement provisoire de l'Amour dans la région de Spassk, Volochaevka et Vladivostok - l'Extrême-Orient russe, au cours de la dernière période de la guerre civile. Le chanson a reçu la dédicace: "Le souvenir béni de Sergei Lazo, incendié par des gardes blancs japonais dans une salle des machines à vapeur", le mois de mai 1920. Serghei Gheorghevici Lazo est né le 23 février 1894 dans le village de Piatra-Orhei, dans le gouvernorat de Bessarabie (aujourd'hui dans la République de Moldavie) dans une famille noble d'origine roumaine. Sur les fronts de la Première Guerre mondiale depuis 1915, l'auteur de la chanson « Par les monts et les vallées » - Petr Semenovich Parfenov (1894-1937), a publié des poèmes dans des journaux, notamment sous le pseudonyme "Peter Altai". En 1917, il rejoignit le parti bolchevique au front. En juillet 1917, suite à une commotion cérébrale, il reçut une permission de deux mois du front roumain et se rendit dans le district de l'Altaï. En 1933, Parfenov fut exclu du parti communiste et en octobre 1935, il fut arrêté. Selon une version, le 29 juillet 1937, il aurait été abattu par le verdict du collège militaire de la Cour suprême de l'URSS, accusé d'avoir organisé un groupe terroriste contre-révolutionnaire.
Le « Chant des partisans de l'Amour » a ensuite été repris par l'armée rouge pendant la deuxième guerre mondiale et fait notamment partie du répertoire traditionnel des Chœurs de l'Armée soviétique.



Par les monts et les vallées
Marchait notre division,
Pour prendre d’assaut la côte,
Le rempart des armées blanches.

Les drapeaux étaient trempés,
Rougis par les dernières blessures
Ainsi s’avançaient les escadrons rapides
Des partisans de l’Amour.

La gloire de ces années jamais ne s’éteindra
Et gardera à jamais sa splendeur:
La troupe de partisans
Prit la ville.

Et survivront, dans la légende
Comme des feux étincelants
Les nuits tourmentées de Spassk
Et les jours de Volotshayevka.

Nous avons écrasé les atamans
Nous avons chassé le voïvode
Et sur les bords du Pacifique
Nous finîmes notre campagne.



Le « Chant des partisans blancs », a été introduit dans la Légion Etrangère a partir de 1917 date à laquelle de nombreux russes "blancs"(pro Tsar") se sont engagés à la Légion pour fuir le communisme. Ce chant a par la suite été repris par le 1er Régiment Etranger de Parachutistes et reprenne la mélodie du chant « Marche des tirailleurs sibériens » (composée en 1828, reprise en 1919 pour le chant du régiment de Drozdovski). L'adaptation du chant « blanc » en français (les paroles) est de Bernard Lugan et Alain Sanders datant des années 60.



C'est de ce musique que Maurice Druon s'est inspiré pour Le Chant des partisans: un jour, fin 1942, ayant lu dans les journaux britanniques le récit de la bataille de Smolensk, son âme russe se réveille. Un mot lui revient à l’esprit, ce mot de « partisans ».



Dans le froid et la famine,
Dans les villes et dans les champs,
A l'appel de Dénikine,
Marchaient les Partisans Blancs.

Sabrant les troupes bolcheviques,
En ralliant les Atamans.
Dans leurs campagnes épiques,
Ils traquaient Trotsky tremblant.

C'est pour la Sainte Russie,
Pour la vieille tradition,
Pour la gloire et la patrie,
Que luttaient ces bataillons.

Votre gloire est immortelle,
Volontaires et Officiers Blancs,
Et votre agonie cruelle,
La honte de l'occident.



Le « Chant des partisans » ou « Chant de la libération » est l’hymne de la Résistance française durant l’occupation par l’Allemagne nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. La musique (inspirée d'un air populaire en Russie pendant la guerre civile), initialement composée en 1941 sur un texte russe, est due à la Française Anna Marly, ancienne émigrée russe qui en 1940 avait quitté la France pour Londres. Les paroles originales en français ont ensuite été écrites en 1943 par Joseph Kessel également d’origine russe (marié en 1921 avec Nadia-Alexandra Polizu-Michsunesti, d'origine roumaine), et son neveu Maurice Druon qui venaient tous deux de rejoindre les Forces françaises libres.



Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme.
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle et au couteau, tuez vite !
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?



« Bella ciao » est un chant de révolte italien qui célèbre l'engagement dans le combat mené par les partisans, résistants pendant la Seconde Guerre mondiale opposés aux troupes allemandes alliées de la République sociale italienne fasciste, dans le cadre de la Guerre civile italienne. Les paroles ont été écrites fin 1944 sur la musique d'une chanson populaire que chantaient au début du XXe siècle les "mondine", ces saisonnières qui désherbaient les rizières de la plaine du Pô et repiquaient le riz, pour dénoncer leurs conditions de travail.



Un matin, je me suis levé
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Un matin, je me suis levé,
Et j'ai trouvé l'envahisseur.

Hé ! partisan emmène-moi
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Hé ! partisan emmène-moi,
Car je me sens mourir.

Et si je meurs en partisan
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et si je meurs en partisan,
Il faudra que tu m'enterres.
Que tu m'enterres sur la montagne
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao.

Que tu m'enterres sur la montagne,
À l'ombre d'une belle fleur

Tous les gens qui passeront
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
Et les gens qui passeront
Me diront « Quelle belle fleur ».

C'est la fleur du partisan
O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao
C'est la fleur du partisan
Mort pour la liberté.



Sources:
Les Partisans
Division de Drozdovski
La ligue francilienne
Cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois
Ami, entends-tu Anna?
Vladimir Guiliarovski: Marche des tirailleurs sibériens
Serghei Lazo
Bella ciao

63) Do you think ITER project - the most complex machine ever built, would deliver on its huge promises or it is a masterful illustration of the madness of this world?

There’s a six-decade-long theory that backs nuclear fusion and its promise of near-limitless energy. Practical steps are being taken to investigate the technology’s industrial viability.
In the future, thermonuclear reactors (one famous iteration is known as a tokamaks) could power the world, but scientists and engineers are laying the groundwork for them now.
The thermonuclear fusion reaction takes place in a plasma of Deuterium and Tritium heated to millions of degrees Kelvin, creating Helium-4 (a stable, non-radioactive isotope of Helium containing two protons and two neutrons in its nucleus), freeing a neutron, and releasing energy (17.59 MeV). Deuterium (a stable but rare isotope of Hydrogen containing one proton and one neutron in its nucleus) is produced by starting with ordinary water (H2O), from which the heavy water (D2O, water that contains a larger than normal amount of the Hydrogen isotope Deuterium) can be separated by the Girdler sulfide process and/or distillation. Tritium (a radioactive isotope of Hydrogen containing one proton and two neutrons in its nucleus) can be produced in special heavy water reactors and it is used inside a nuclear warhead as a source of neutrons required for its detonation. Canada, South Korea, Romania, Argentina, China and India can make tritium available to the fusion community.



The ITER Project, currently under construction in France, close to the village Saint Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône department), is the largest fusion power project that benefits from huge resources. The expected cost of ITER has risen from $5 billion USD to $20 billion USD, and the timeline for operation at full power was moved from the original estimate of 2016 to 2025 (first plasma).
The acronym ITER used to be interpreted as the International Thermonuclear Experimental Reactor, which is still the case, but now it’s also referred to by its Latin meaning: “the way”.

ITER began in 1985 as a Reagan–Gorbachev initiative
The scientific cooperation emanated from talks in 1985* between Soviet Secretary-General Gorbachev, French President Mitterand (Paris, October 2, 1985) and American President Reagan (Geneva, November 19, 1985). Planning commenced in spring 1988 at Max Planck Institute of Plasma Physics in Garching, as host laboratory. Till winter 1990 about 50 physicists and engineers from Europe, Japan, the former Soviet Union, and the United States worked on the ITER concept and submitted the design for the test reactor in December 1990.
*It is important to remember that another collaborative project in fusion, called INTOR (never achieved), had started in June 1973, in Washington D.C. as a Nixon-Brezhnev initiative.

The ITER Organization is funded by 35 countries (EU-28 plus Switzerland, China, Japan, India, the Republic of Korea, Russia and the US).
Signed in 2006, the ITER project agreement continues to be on track with the organization announcing in 2018 that 50% of the work on the project was complete.
As the Cadarache 180-hectare facility is prepared, the equipment, components, and techniques necessary for the ITER’s tokamak to run are steadily coming in.
The complex has entered its first phase of assembly, and the ITER reactor is expected to deliver its First Plasma by December 2025.
After ITER - the machine that will demonstrate the technological and scientific feasibility of fusion energy - DEMO will open the way to its industrial and commercial exploitation in the mid-2050s.


(ANSA) - La Spezia, 2017 November 20 - An Italian supermagnet destined for the ITER experimental fusion reactor in southern France left the La Spezia site of ASG Superconductors for the local port from which it will be shipped to Porto Marghera near Venice. Cadarache-based ITER aims to demonstrate the feasibility of the energy of the future, imitating the processes that happen in stars. The giant coil is the fruit of collaboration between Italian industry, the alternative energy group ENEA and the EU's Fusion for Energy (F4E) agency. ASG Superconductors is owned by the Malacalza family. The new magnet is the biggest ever made in the world.


France, 2018 April 13 (Reuters) - Four massive parts for an international nuclear fusion project arrived in southern France after a four-month journey from their production site on the Yangtse river in China.
The four vapour suppression tanks, each weighing about 100 tonnes and measuring eight by nine metres, were delivered to the International Thermonuclear Experimental Reactor (ITER) site in Saint-Paul-lez-Durance, French authorities said.


Canada has signed (Apr. 2018) a memorandum of understanding (MoU) with the ITER organisation to explore how Canada can participate in the project to construct the International Thermonuclear Experimental Reactor.


The reactor in Greifswald, Germany, was switched on in 2015, suspending a helium plasma for the first time. It then also managed to suspend a hydrogen plasma in 2017. It is a collaboration between the Max-Planck Institute for Plasma Physics and the Wigner Research Centre for Physics, both in Germany.



The Wendelstein 7-x is the largest stellarator fusion device in the world - dubbed the “dark horse in fusion energy research” and costing €370 million ($404 million) to build - rivalling the standard tokamak fusion reactor that was developed by Soviet researchers.
In february 2016, the federal chancellor Angela Merkel pushed the red button on the Wendelstein 7-X stellarator, and kicked off a reaction countdown that heated up hydrogen with the power of 6,000 microwaves. The plasma was sustained for just a fraction of a second. The experiment was heralded as a success.

Extreme Light Infrastructure - Nuclear Physics (ELI-NP) Bucharest
In 2009 the Romanian scientists have developed a new technology for reinforcing the wall of a fusion reactor to resist hot plasma. This marks an important step forward for the success of ITER, the world's biggest experimental fusion reactor. The "Combined Magnetron Sputtering and Ion Implantation" Technology (CMSII) - developed by the Romanian Fusion Association (Euratom/MEdC) - which is a member of the Euratom Fusion Research Programme - has been chosen as the best "coating technique " in terms of resistance to the high heat loads.

Drobeta Heavy Water Plant
The demand for tritium is expected to increase when ITER (the International Thermonuclear Experimental Reactor) begins operation in the mid-2020s. Romania is expected to detritiate its CANDU (Canada Deuterium Uranium) units at Cernavoda starting 2024, with the goal of improving radiological safety and reactor performance. Detritiation will result in a significant quantity of tritium being produced and thus Romania has an opportunity to supply tritium for fusion.
The findings suggest that Romania is capable of providing a total of 6.2 kg of tritium to ITER over its 20 year operation, generating a potential revenue of $186 M (USD). Opportunities associated with the supply of Romanian helium-3 are also considered as a hedging option, which has the potential to generate $120 M (USD) in the case of zero tritium sales.


In september 2017, Rosatom Director-General Alexey Likhachov visited the construction site of the International Thermonuclear Experimental Reactor, which the Russian state nuclear corporation said has now entered the "full-scale practical implementation phase". Rosatom also announced that it has sent the latest batch of six trailers with high-current busbars for the power supply systems of ITER's superconducting magnet.


"In the centre of this device you've got the highest temperatures in the universe and two metres out you've got superconducting magnets with the coldest temperatures in the universe".


United States blocks Iran from fusion megaproject. Iran has been poised for months to ink an agreement to join ITER in a limited capacity. “It was all moving well, until President Trump took office,” says Ali Akbar Salehi, president of the Atomic Energy Organization of Iran here. An ITER official who requested anonymity because of the matter’s sensitivity confirms that the United States is blocking Iran through its seat on ITER’s governing council, which must approve Iran’s participation unanimously. Bringing Iran into ITER was expected to be straightforward. The long delay, European and Iranian officials say, casts a pall on other scientific collaborations expected under the nuclear deal. An ITER council meeting later this month is expected to take up the issue.


Sebastien Balibar, a leading French nuclear physicist, has cast doubts that the EU-funded project will ever come into being: "We say that we will put the sun into a box. The idea is pretty. The problem is, we don't know how to make the box," he told the Wisconsin Scientist in 2006.
The ITER organization should be sued for lies about the cost and performance of this nuclear reactor. ITER is a masterful illustration of the madness of this world !?
Ivy Mike was the codename given to the first test of a full-scale thermonuclear device,
in which part of the explosive yield comes from nuclear fusion.
It was detonated on November 1, 1952 by United States.

The thermonuclear bomb (also called hydrogen bomb or H-bomb), is a weapon whose enormous explosive power results from an uncontrolled, self-sustaining chain reaction in which isotopes of hydrogen combine under extremely high temperatures to form helium in a process known as nuclear fusion (for its peaceful application, click here).


On August 12, 1953 the Soviet Union detonated RDS-37, a thermonuclear (“hydrogen”) bomb at the Semipalatinsk test site in northern Kazakhstan. Work on the super-bomb had begun in 1946, three years before the Soviet Union exploded its first atomic bomb. The project was organized by the First Chief Directorate under Lavrentii Beria, Minister of State Security (MGB). It was headed by Igor Kurchatov (1903-60), a physicist who had been appointed scientific director of the Soviet Union’s nuclear project in 1943.


neutron bomb, officially defined as a type of enhanced radiation weapon (ERW), is a low yield thermonuclear weapon designed to maximize lethal neutron radiation in the immediate vicinity of the blast while minimizing the physical power of the blast itself. The neutron release generated by a nuclear fusion reaction is intentionally allowed to escape the weapon, rather than being absorbed by its other components. The neutron burst, which is used as the primary destructive action of the warhead, is able to penetrate enemy armor more effectively than a conventional warhead, thus making it more lethal as a tactical weapon. The concept was originally developed by the US in the late 1950s and early 1960s. It was seen as a "cleaner" bomb for use against massed Soviet armored divisions. As these would be used over allied nations, notably West Germany, the reduced blast damage was seen as an important advantage. It has been claimed that it is possible to conceive of a crude, deliverable, pure fusion weapon, using only present-day, unclassified technology.


The danger of nuclear weapons proliferation. Unlike what happens in solar fusion - which uses ordinary hydrogen, the earth-bound fusion reactors that burn neutron-rich isotopes have byproducts that are anything but harmless: energetic neutron streams comprise 80 percent of the fusion energy output of deuterium-tritium reactions and 35 percent of deuterium-deuterium reactions.
The open or clandestine production of plutonium 239 (a fissionable isotope that can be used to make a nuclear fission bomb similar to that produced with uranium-235) is possible in a fusion reactor simply by placing natural or depleted uranium oxide (containing more than 99.284% uranium-238) at any location where neutrons of any energy are flying about. The ocean of slowing-down neutrons that results from scattering of the streaming fusion neutrons on the reaction vessel permeates every nook and cranny of the reactor interior, including appendages to the reaction vessel. Slower neutrons will be readily soaked up by uranium 238, whose cross section for neutron absorption increases with decreasing neutron energy.
In view of the dubious prospects for tritium replenishment, fusion reactors may have to be powered by the two deuterium-deuterium reactions that have substantially the same probability, one of which produces neutrons and helium 3, while the other produces protons and tritium. Because tritium breeding is not required, all the fusion neutrons are available for any use - including the production of plutonium 239 from uranium 238. The bomb which was dropped at Nagasaki was a plutonium bomb.
Source: https://thebulletin.org/fusion-reactors-not-what-they’re-cracked-be10699

After all, blowing up the world ten times over was a fusion fantasy of the Cold War ...

62) Oil and Blood : Exxon & Total - from today, backward to the roots

In tombs of gold and lapis lazuli
Bodies of holy men and women exude
Miraculous oil, odour of violet.

But under heavy loads of trampled clay
Lie bodies of the vampires full of blood;
Their shrouds are bloody and their lips are wet.

“Oil and Blood” by William Butler Yeats (1928)


2017, November 15 : US Secretary of State Rex Tillerson makes unexpected 24h-visit to Romania: the first visit an official of President Donald Trump’s administration makes in Romania. US troops are stationed in Romania at the Mihail Kogalniceanu - near Black Sea, and Deveselu military bases, the later hosting the US anti-missile defense system Aegis Ashore.
Exxon (former "Standard Oil Co. of New Jersey") and OMV Petrom (Romanian subsidiary of "Österreichische MineralölVerwaltung") will start the extractions of natural gas from the Black Sea in 2020.

2017, February : Rex Tillerson sworn in as Trump's Secretary of State.
It is no secret in Washington DC that Rex Tillerson and President Donald Trump have had a difficult working relationship.
Tillerson joined Exxon in 1975 and rose to serve as its chairman and chief executive officer (CEO) from 2006 to 2016.


2013 : Vladimir Putin awarded ExxonMobil CEO Rex Tillerson the Order of Friendship, one of the highest honors Russia gives to foreign citizens. Tillerson was responsible for the development of a partnership between Exxon and state-owned oil company Rosneft and the ultimately unsuccessful attempt to acquire a stake in Yukos, owned by Mikhail Khodorkovsky, before the firm was nationalized after Khodorkovsky's arrest.

2012 : ExxonMobil and OMV Petrom announced the Domino-1 exploration well encountered natural gas in the deep water sector of the Neptun Block.

2008 : ExxonMobil has been present in Romania's upstream sector when it acquired an interest in the deepwater Neptun Deep block in the Black Sea. The Neptun Block deepwater sector covers an area of approximately 7,500 square kilometres in water depths ranging from 100 to 1700 meters.

2005 : TOTAL Romania was founded in 2005 as a joint venture between TOTAL (France) and LUSTIC (Romania).

1998 : TOTAL takes over "Petrofina", its Belgian rival, creating the world's sixth largest oil company.

1945 to 1971 : Victor de Metz (1902-1982) was President of "Compagnie Française des Pétroles" (today TOTAL).

1939 : The French ministry of public works assigned Léon Wenger (1879-1962, President of "Petrofina France") the task of preparing for the destruction of the Romanian petroleum industry should the oil fields be in danger of falling into enemy hands.

1931 : Kinley, Myron Macy (1898–1978) traveled to Moreni to observe the two-year-old "Standard Oil" number 160RA oil well fire, considered impossible to extinguish. It had created a crater 250 feet across and 65 feet deep. Kinley's team tried various techniques, killed the fire, capped the well, and captured world headlines, and Kinley became a celebrity. Myron Macy Kinley died on May 12, 1978, and was buried at Chickasha. He was almost totally deaf, his back was scarred with burn tissue, and he was partially paralyzed from a lifetime in one of the world's most dangerous jobs.

1928 : Marie Victor Raoul de Metz was recruited in 1924 by Ernest Mercier at "Compagnie Française des Pétroles" - CFP (today TOTAL), at the initiative of the French Government - and he was given the opportunity to join "Steaua Română" French team.

1922 : Ernest Mercier - an illustrious french engineer (future TOTAL first president, from 1924 to 1940), along with the Anglo-Persian group, took control of the "Steaua Română", the largest oil company in Romania; the same year, he had created the "Steaua Française", of which he had become president. Ernest Mercier is one of the most influential business managers in interwar France. His different industrial activities led him to oversee large areas of the French economy, notably in the energy sector. Certain banks decided to approach oil business by allying themselves with the different international trusts. This was the case for the French bank Paribas, whose Romanian holdings Mercier managed.

With Pure Oil of Delaware, Petrofina founded Purfina, a distribution company in Belgium and Holland that became a wholly own subsidiary of Petrofina in 1923
1920 : "PetroFina" - a company that will play a key role in the economy and society of 20th century Belgium, was established by a group of Antwerp investors and bankers. The foundation of the company comes from the acquisition of German companies' assets in Romanian companies. "La Compagnie Financière Belge des Pétroles" brings together the assets of Romanian companies: "Rumeensche Petroleummaatschappij" (The Romanian Oil Company, better known as "Internaţionala" or "Interum"), "Concordia" (Romanian Public Limited Company for Oil Industry), Sirius, Creditul Petrolifer and Vega (a subsidiary of Concordia).

1917, June 12th : The Moreni 354' armed "Standard Oil of New York" tanker (loaded with 4,500 tons of benzine) was the first armed American ship lost in a surface battle with a submarine, in World War I. Over 250 shells were fired over a period of two hours. The sub was identified as U-64. Out of a total crew of 47 on board the tanker, four were lost. Moreni oil field was the largest producing one in Romania, covering an area of about two thousand acres.

1916, November 29 : Completing the preparations for firing Moreni oil field: large gangs of men were employed with sledge hammers and other tools demolishing every conceivable piece of machinery and even the breakable spares in the central stores. The wells were again visited and further plugging was carried on. A small British staff commence the firing of the Moreni derricks and their adjoining machine houses. The greater work of firing the oil reservoirs, store houses, power plants, workshops, gas and water installations, casting furnaces, and other plant necessary to a big industry commenced November 30. The quantity of oil burnt in this district was 42,000 tons.

1916-1917 :  Ernest Mercier (1878-1955), was injured while in command of Romanian troops on the Danube.

1911 : The Supreme Court of the United States ruled, in "Standard Oil Co. of New Jersey" v. United States, that the Standard Oil Trust must be dissolved under the Sherman Antitrust Act and split into 34 companies. Two of these companies were Jersey Standard ("Standard Oil Co. of New Jersey"), which eventually became Exxon, and Socony ("Standard Oil Co. of New York"), which eventually became Mobil; those two companies later merged into ExxonMobil.

1905 :  “Colombia”- a French-Romanian oil company, one of the oldest oil company in Romania, with a capital 1.200.000 lei was established by a group of bankers and industrialists (Leon Ruzicka, A. Taubes, Lazare I. Elias). “Colombia” represented the largest investment of French capital on Romanian oil market. After the fussion with “Alpha" oil company, it became one of the most important oil company from Romania.

1903 : "Standard Oil Co. of New Jersey" was the first American oil and gas company to work in Romania, operating from 1903 to 1948 as The "Romanian-American Company Standard Oil". "Standard Oil Co. of New Jersey" acquired 150,000 shares of "Creditul Minier" which owns oil-bearing properties in Moreni.

1870 : Established in 1870 by John D. Rockefeller (1839-1937), "Standard Oil Co. Inc." was an American oil producing, transporting, refining, and marketing company.


Dans des tombes d'or et de lapis lazuli
Des corps de saints hommes et femmes exsudent
Huile miraculeuse et parfum de violette.

Mais sous de lourds tomberaux de terre glaise piétinée
Gisent les corps des vampires gorgés de sang
leurs suaires sont sanglants et leurs lèvres moites.

"Huile et Sang" poésie de William Butler Yeats (1928)

61) L'entente pétrolière franco-belge, ailes françaises et racines valaques

TOTAL et l'entente pétrolière franco-belgo-roumaine

« Désormais, pour les nations et pour les peuples, une goutte de pétrole a la valeur d'une goutte de sang »
Georges Clemenceau, 1917

À l’issue de la Première Guerre mondiale, la question pétrolière se pose pour la France en termes très différents de ceux de l’avant-guerre. Alors, la question était d’ordre douanier, commercial et de politique intérieure. À présent, les considérations de politique étrangère l’emportent, rendant plus complexe encore la solution de cette question. Entre-temps la guerre est passée, marquée par une mécanisation croissante des transports militaires et des engins de combat, provoquant une prise de conscience au sein des cercles dirigeants du pays de la nature stratégique des produits pétroliers.


« La Compagnie française des pétroles » (l'ancêtre de Total) a été créée en 1924 et son principal actif est constitué des 25 % dans la « Turkish Petroleum Company ». Dirigée par Ernest Mercier (1878-1955), la CFP doit gérer les intérêts français au Moyen-Orient. Bien connu déjà en tant que pionnier de l'industrie électrique en France, Ernest Mercier - cet ancien ingénieur du Génie Maritime (blessé d'un éclat d'obus au pied alors qu’il commande sur le Danube des troupes roumaines pendant la Grande Guerre), avait débuté dans l'industrie du pétrole en 1921, époque à laquelle il était devenu président de « l'Omnium International des pétroles ». En 1922, il avait pris, avec le groupe de l'Anglo-Persian, le contrôle de la « Steaua Română », la plus importante société pétrolière de Roumanie ; la même année, il avait créé la « Steaua Française », dont il était devenu le président.


Les liens de la CFP avec la Roumanie étaient très forts. La Compagnie n'y avait pas de participation significative, mais son président, Ernest Mercier, était aussi président de « l'Omnium français de pétrole », société issue de la fusion en 1938 de « l'Omnium international des pétroles » et de la « Steaua française ». L'OIP avait une participation de 29% dans la « Columbia », importante société roumaine et 12,5% dans la « Steaua Română ». CFP jouait dans cette dernière société le rôle d'opérateur technique et Mercier devait y envoyer, pour les tester, plusieurs de ses futurs collaborateurs à la direction de la CFP. Dans le domaine de la production, la CFP formait ses ingénieurs sur le tas en Roumanie, à la « Steaua Română » (environ 100 kilomètres au nord de Bucarest). Elle en forma peu, mais d'excellents, ceux qui furent destinés aux postes de commande plus tard : Victor de Metz, tête de file, futur président de la CFP de 1945 à 1971, René de Panafieu, les frères Raoul et Edmond Chappelet, Bernadac, Arnoud, Paclet, Raymond Godet, Amédée Maratier, Louis Cauchois (nommé en 1934 chef des ateliers à Moreni, environ 100 km au nord-ouest de Bucarest. En 1691, Moreni devint le troisième endroit dans le monde où du pétrole fut extrait).

Une sortie à Golești, Roumanie en 1937. Amédée Maratier est assis en bas à droite.
Les trois derniers ingénieurs (Godet, Maratier et Cauchois) furent par la suite les fondateurs, en 1942, de « Forex – Forages et Exploitations Pétrolières ». En 1971, « Shlumberger » acquiert la totalité des actions de « Forex » et en 1984 l'entreprise américaine « Sud-Drilling Company - Sedco » est fusionnée avec « Forex » pour devenir en 1985 la « Sedco Forex Drilling », puis deviendra en 1999 la « Transocean Sedco Forex » (l'un des plus grands entrepreneurs de forage offshore au monde basé à Vernier, en Suisse).

« Steaua Română » Câmpina est la plus ancienne raffinerie de Roumanie, fondé en 1895.

Ces expatriés, la plupart ingénieurs, avaient été tentés par la Roumanie car la vie y était agréable sous le règne du Roi Carol Ier, l’influence de la culture française était très développée et la production pétrolière importante.

A cette époque, bien antérieure au forage au rotary, les premiers puits étaient creusés à la main et entretoisés avec du bois, à la manière des puisatiers de nos campagnes et l’ingénieur géologue était descendu quotidiennement assis sur le récipient qui servait à remonter les déblais pour prélever les échantillons et apprécier la nature des terrains ; on arrivait ainsi vers 300 m avec une ventilation rudimentaire, la découverte s’accompagnait en général d’une belle éruption et on recueillait le pétrole sur le terrain environnant car on avait eu la sagesse d’entourer le puits de remblais de terre.

Elèves d'école Maîtres Sondeurs, 1ère année, Moreni, 1920
En 1937, 40 % des importations françaises proviennent de l’Irak, 22 % des États-Unis, 9 % du Venezuela et 8 % de la Roumanie.

Deux ans avant l'apparition de la Compagnie française des pétroles, la société pétrolière belge « PetroFina » -  une entreprise qui va jouer un rôle clé dans l’économie et la société de la Belgique du XXe siècle, a été créé en 1920 (25 février) par un groupe d'investisseurs et de banquiers anversois, les frères Hector et Fernand Carlier et le ministre Aloys Van de Vyvere. La fondation de la société est issue du rachat à des banque allemandes de leurs actifs dans des entreprises roumaines.


La Compagnie Financière Belge des Pétroles « PetroFina » regroupe les actifs des entreprises roumaines : « Rumeensche Petroleummaatschappij » (La Compagnie Roumaine de Pétrole, plus connue sous le nom « Internaționala » ou « Interum »), « Concordia » (Société anonyme Roumaine pour l’industrie de Pétrole), « Sirius », « Creditul Petrolifer » et « Vega » (filiale de « Concordia »).

Ces entreprises roumaines - regroupées sous le nom de la « Compagnie Financière Belge des Pétroles », couvrent alors l'ensemble des opérations relatives à l'industrie du pétrole: l'exploration, l'extraction, la production - grâce à « Internaționala » et « Concordia », le raffinage à travers les installations de « Vega » - à Ploiesti (raffinerie fondé en 1905, avec le capital fourni par Deutsche Bank), le transport, la fabrication et l'emmagasinage des produits, ainsi que l'entretien du matériel de forage par l'entremise notamment du « Creditul Petrolifer » (société crée en 1906, par Mauriciu Blank - banquier roumain, né à Pitesti). Autant d'activités qui deviennent celles d’une toute nouvelle compagnie, qui prendra en 1922 le nom de son adresse télégraphique : « PetroFina » (devenu en 1958 : « Fina »).

Mais pour revenir en France, la dénomination originaire de « La Compagnie française des pétroles » a été changée le 21 juin 1985, en « TOTAL – Compagnie française des pétroles » (TOTAL CFP). Par les rachats successifs de la société pétrolière belge « Fina » en 1999, puis par le rachat d’« Elf-Aquitaine » en 2000, la force de « TOTAL » a été renforcé et le nom change de nouveau.
Enfin, en 2003, « Total Fina Elf », rebaptisé « TOTAL S.A. » est la première compagnie pétrolière et gazière française et la quatrième au niveau international.


La Compagnie française de raffinage dépose la marque Total en 1953. Fierté nationale, l'entreprise choisit un logo tricolore qui évoque clairement la dimension française du carburant. Si le bleu, le blanc et le rouge ne disparaitront jamais, l'orange fait son apparition dans les années 1970. Le logo actuel est né après la fusion avec Elf et PetroFina.



Racines et ailes d'Air France

« Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre »
Slogan de la compagnie Air France, avant 2014.



À la fin des années 1920, alors que la plupart des pays se sont déjà dotés de grandes compagnies nationales (KLM en 1919, Qantas en 1920, Delta Air Lines et Imperial Airways en 1924, Lufthansa, United Airlines et Pan Am en 1926, American Airlines en 1930), l'aéronautique française est morcelée et affaiblie par la Grande Dépression.

Dans ce contexte économique, le Parlement français vote une loi de fusion des 4 compagnies principales du transport aérien français : la « CIDNA » - ex. « Franco-Roumaine », « Air Orient », « Air Union », et les lignes « Farman ». Les quatre compagnies fusionnées forment le 19 mai 1933 la SCELA : « Société centrale pour l'exploitation des lignes aériennes ». Le 31 mai 1933, la SCELA rachète les actifs de « l'Aéropostale » (du banquier Marcel Bouilloux-Lafont). C'est au cours d'une conférence de presse annonçant cette fusion que le journaliste Georges Raffalovitch, doyen dans le monde de la presse aéronautique, propose de baptiser la nouvelle compagnie « Air France ».

Mais, qui était cette compagnie Franco-Roumaine ou CIDNA (« Compagnie Internationale de Navigation Aérienne ») une des compagnies à l'origine d’« Air France » ?


Nous sommes en avril 1920. La guerre est finie : Pierre Claret de Fleurieu, pilote de chasse émérite, décide de quitter l’armée. Homme de challenge, il entre dans la succursale française d’une grande banque roumaine : la banque Marmarosch Blank. Et c’est avec le culot de ses 23 ans qu’il propose à Aristide Blanck (le fils de Mauriciu Blank), le président de la banque, un projet qu’il qualifiait lui-même de fou : créer la première grande ligne aérienne internationale du monde. Une ligne régulière à travers l’Europe, qui desservira la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Hongrie, la Roumanie et pourquoi pas jusqu’à Constantinople !

Pierre Claret de Fleurieu (1896-1976)

Le 23 Avril 1920 le banquier roumain convoque Pierre Claret de Fleurieu dans son bureau, le nomme immédiatement Directeur Général de la Compagnie Franco-Roumaine de navigation aérienne et ... rédige un chèque de plusieurs millions à son nom : « Vous commencez demain, je vous fais une confiance totale, marchez je vous suivrai ».

En 1922, la « Compagnie Franco-Roumaine de Navigation Aérienne » a le réseau le plus important du monde avec 3144 km. Elle assure la présence des ailes françaises sur toute l’Europe centrale et orientale. Les avions français font escale tous les jours à Vienne, Budapest, Bucarest et à Constantinople.


Dans les années ‘20, grâce aux services aériens développés par la CIDNA, Bucarest est à 24 heures de vol de Paris (alors qu’il faut trois jours par le train) et Moscou à 20 heures seulement.



Sources :
L'Entente cordiale, Belgique - Roumanie
Musée du pétrole, Ploiești
Petroblog - Romanian Petroleum History
The battle for Oil
Le pétrole déjà: l'empereur Guillaume II visite la raffinerie "Steaua Română" (min. 3:20) avec le général - puis feld-maréchal, allemand August von Mackensen (septembre 1917):

Focul de 850 de zile de la Moreni
La stratégie de la Compagnie Française des Pétroles durant la Seconde Guerre Mondiale
Ernest Frédéric Honorat Mercier (1878-1955)
Amédée Maratier
La mission Léon Wenger
Roumanie, berceau de FOREX
La politique française du pétrole à l’issue de la première guerre mondiale
Précurseur de Forex, Raymond Godet président-fondateur
L'empereur Guillaume II visite la raffinerie "Steaua Română" (YouTube min. 3:20) avec le général - puis feld-maréchal, allemand August von Mackensen (septembre 1917).
La Seconde Guerre mondiale achève l'ère de la mécanisation des armées. Pour être le plus opérationnels, l'Allemagne et le Japon vont avoir besoin d'une ressource indispensable : le pétrole, et "La Roumanie fournit toutes les besoins du Reich en pétrole; le pétrole de Ploiești est devenu indispensable pour Hitler" (YouTube min. 14:00).
La Franco-Roumaine
Pierre Claret de Fleurieu (le fondateur - en 1920, de la compagnie franco-roumaine de navigation aérienne)

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